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Les vaccins facultatifs dont votre chien peut avoir réellement besoin

Les vaccins essentiels (voir chapitre 3) doivent être donnés à tous les chiens quelle que soit leur situation.

A l'inverse, les vaccins "non-essentiels" sont des vaccins optionnels qui ne doivent être donnés qu'après l'examen des risques particuliers que court votre chien et qui dépendent:

  • des germes pathogènes dont la présence est connue dans votre région
  • du mode vie de votre chien
  • de son état de santé
  • de son âge

La notion de "vaccins non-essentiels" a été développée par un comité d’experts vétérinaires du WSAVA (Association Mondiale des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie). Le but de ce comité était d'aider les vétérinaires praticiens à mettre au point des programmes de vaccination qui offrent un niveau de protection optimal tout en réduisant au maximum la quantité de vaccins administrés.

Ce sont des vaccins sont non-vivants (inactivés) qui induisent une durée d’immunité plus courte que les vaccins « essentiels ». Ils nécessitent généralement un rappel annuel.

Les vaccins “non-essentiels” protègent contre:

  • Les maladies respiratoires
  • La maladie de Lyme
  • La leptospirose
 
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Les vaccins contre les maladies respiratoires


La toux de chenil est la dénomination la plus commune pour les maladies infectieuses respiratoires du chien. Mais vous pourrez trouver aussi d’autres noms : trachéobronchite canine ou maladie respiratoire infectieuse canine (MRIC).

Les maladies infectieuses respiratoires sont généralement déclenchées par des virus:

  • Virus parainfluenza canin (CPiV)
  • Adenovirus-2 canin (CAV-2)
  • Virus influenza canin (CIV)
  • Virus de la maladie de Carré (CDV)

Ou par une bactérie : Bordetella Bronchiseptica.

D’autres pathogènes peuvent être retrouvés chez des chiens atteints d'une toux de chenil. Ils sont considérés comme des germes pathogènes opportunistes. Il ne sont pas à l’origine de l’affection, mais ils sont présents et peuvent aggraver les symptômes. Ce sont :

  • Virus : le coronavirus respiratoire canin et le pneumovirus canin
  • Bactéries : Streptococcus zooepidemicus, Pseudomonas, Escherichia coli, Klebsiella et Mycoplasma

Souvent, un micro-organisme pathogène n’agit pas seul et une association de virus et de bactéries sont impliqués dans les formes les plus sévères des maladies respiratoires.

Une étude sur des chiens atteints de trachéobronchite infectieuse, menée en Allemagne, illustre cette situation. Toutefois les types de pathogènes impliqués peuvent être tout à fait différents d’une région à l'autre.

Association de virus et bactéries respiratoires dans la toux de chenil du chien

Quelques pathogènes respiratoires

Le virus parainfluenza canin (CPIV)

  Carte d'identité du virus parainfluenza, un des responsables de la Toux de Chenil  

Le CPIV est un virus à la fois commun et très contagieux. Il s’installe dans le nez, le pharynx, la trachée et les bronches où il se multiplie. Il attaque les muqueuses et dénude très rapidement des parties importantes de l’épithélium en en détruisant les cils.

Le CPIV est responsable de la toux caractéristique qui ressemble au cri de l’oie. L’infection rétrocède spontanément au bout de 6-14 jours sauf dans le cas d’une surinfection par un autre virus ou par la bactérie Bordetella bronchiseptica.

Bordetella bronchiseptica

  Carte d'identité de la bactérie Bordetella bronchiseptica , une des responsables de la Toux de Chenil  

Bordetella bronchiseptica est la bactérie la plus virulente impliquée dans les maladies respiratoires du chien.

Bordetella est souvent présente dans les voies respiratoires des chiens en bonne santé. Pour des raisons encore inconnues (affaiblissement du système immunitaire, infection virale…), la bactérie peut se « réveiller » et entreprendre de coloniser les tissus de l’appareil respiratoire.

L’action pathogène de Bordetella se manifeste de nombreuses façons. Elle paralyse les mouvements des cils de l’épithélium des muqueuses respiratoires. Ce sont ces mouvements qui empêchent les germes de se fixer (voir chapitre n°1 : la première ligne de défense du système immunitaire).

Elle se lie ensuite à l’épithélium grâce à ses protéines filamenteuses (hémagglutinines, fimbrae).

Bordetella libère de nombreuses toxines. Certaines d’entre elles conduisent à la destruction des muqueuses tandis que d’autres aident la bactérie à échapper aux défenses immunitaires de son hôte.

Le virus Influenza canin (CIV)

  Carte d'identité du virus de la grippe canine (influenza), un des responsables de la Toux de Chenil  

Influenza est le virus de la grippe.

Le chien s'infecte par les voies aériennes ou en touchant/léchant des objets contaminés.

Le virus incube pendant 2 à 4 jours. Il colonise ensuite la cavité nasale, la trachée et les voies respiratoires provoquant une inflammation qui peut se traduire par une rhinite, une trachéite, une bronchite ou une bronchiolite. Il ouvre aussi la voie à une surinfection bactérienne.

Les symptômes sont la toux et des sécrétions nasales abondantes. L’affection dure en général de 10 à 20 jours. Pendant cette période de temps, le chien infecté continue à excréter des virus et à rester contagieux. Il devrait être maintenu en dehors de tout contact avec d’autres chiens (ou chats).

L’adénovirus canin de type 2 (CAV-2)

  Adenovirus canin de type 2, un des responsables de la toux de chenil  

Le CAV-2 fait partie des vaccins « essentiels » recommandés (voir Chapitre 3).

Le CAV-2 pénètre dans l’organisme par le nez ou la bouche. Il se multiplie dans les voies respiratoires supérieures et dans les cellules épithéliales des bronchioles qui sont dépourvues de cils.

Le pic de l’infection se produit au bout de 3 à 6 jours et rétrocède dans les 9 jours. Il provoque l’inflammation des voies respiratoires.

Sans la co-infection par d’autres pathogènes, les symptômes sont légers (toux grasse avec mucus) bien que les dommages sur les poumons puissent être importants.

Le virus de la maladie de Carré

  Carte d'identité du virus de la Maladie de Carré  

Le virus de la maladie de Carré fait partie des vaccins “essentiels” tels que recommandés par le comité d’experts international (voir Chapitre 3).

Le virus est généralement transmis par voie aérienne, mais peut aussi contaminer la nourriture du chien. Il se multiplie dans certains globules blancs du système immunitaire et colonise ensuite de nombreux organes.

En plus des symptômes respiratoires (sécrétions nasales et oculaires), les chiens infectés peuvent aussi manifester des symptômes digestifs ou neurologiques.

Symptômes

Comme à chaque fois dans les maladies infectieuses, les chiots sont plus sévèrement atteints que les adultes.

Chez les chiens adultes, les symptômes sont plus ou moins intenses. La toux est le symptôme marqueur de la maladie. Elle peut s’accompagner de crachats et de bruits respiratoires : crépitements et/ou sifflements.

Les symptômes durent en général de 1 à 3 semaines.

Les surinfections bactériennes génèrent d’autres types de symptômes : fièvre, dyspnée (respiration irrégulière), sécrétions nasales et oculaires purulentes et perte d’appétit.

La trachéobronchite peut évoluer vers une pneumonie potentiellement létale, en particulier chez les chiots.

Traitement et prévention

De nombreux antibiotiques appartenant à des classes différentes peuvent être prescrits contre les bactéries impliquées dans les maladies respiratoires.

Ils sont complémentaires des traitements symptomatiques (ceux qui traitent les symptômes, mais pas la cause de l’affection) : antitussifs, antiinflammatoires glucocorticoïdes, et/ou broncho-dilatateurs.

La vaccination est la seule protection contre les virus. Votre vétérinaire peut vous conseiller de compléter le programme de vaccination « essentiel » par des vaccins protégeant contre des germes respiratoires s’il estime que votre chien est particulièrement exposé.

Les vaccins contre l’adenovirus-2 (CAV-2) ou le virus de la maladie de Carré (CDV) font déjà partie du programme des « essentiels » qui devraient être administrés à tous les chiens.

Les vaccins contre la bactérie Bordetella bronchiseptica, les virus parainfluenza et influenza sont considérés comme optionnels et non essentiels. Mais, parce que ces pathogènes sont très contagieux, ils sont recommandés chez les chiens qui sont en contact avec d’autres chiens dans les chenils, les refuges canins ou les endroits de vie commune.

Les vaccins respiratoires « non-essentiels » ne sont PAS RECOMMANDES si votre chien n’est PAS EXPOSE à des contacts réguliers avec d’autres chiens.

Exemple de programme vaccinal pour un chien exposé aux pathogènes respiratoires

Age en années Vaccins “essentiels” Vaccins “non-essentiels”
1 DHP sauf si déjà administré à 26 semaines CPi, Bb
2   CPi, Bb
3   CPi, Bb
4 DHP ou sérologie CPi, Bb
5   CPi, Bb
6   CPi, Bb
7 DHP ou sérologie CPi, Bb
8   CPi, Bb
9   CPi, Bb
10 DHP ou sérologie CPi, Bb

Bb: Bordetella bronchiseptica – Cpi: parainfluenza virus canin – DHP: maladie de Carré, adénovirus, parvovirus type 2

Principales références

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Borrelia burgdorferi


Borrelia burgdorferi est une bactérie spirochète qui est à l'origine de la borréliose de Lyme aussi connue sous le nom de maladie de Lyme (ou encore arthrite de Lyme en médecine humaine). Elle est transmise exclusivement par les tiques du genre Ixodes.

Les spirochètes sont des bactéries longues et minces avec une forme caractéristique en hélice ou en tire-bouchon. Elles sont mobiles dans un environnement liquide grâce à leur flagelle qui leur permet d’onduler.

En conséquence, et à la différence d’autres bactéries, les spirochètes n’ont pas à compter uniquement sur les mouvements des fluides de l’organisme de leur hôte (sang, lymphe) pour se déplacer. Elles peuvent nager. Cela les rend particulièrement invasives car elles peuvent ainsi pénétrer plus profondément dans les tissus, et coloniser de nombreux organes de leur hôte.

Carte d'identité de la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie de Lyme

Transmission

Borrelia burgdorferi est transmise par les tiques du genre Ixodes : Ixodes scapularis et Ixodes pacificus en Amérique du Nord ou Ixodes ricinus en Europe. Dans des cas exceptionnels, elle peut se transmettre de la mère au fœtus, in utero, ou bien par le lait de la mère et même l’urine.

Les tiques possèdent trois stades de développement : la larve, la nymphe et l’adulte. A chaque stade elles doivent trouver un nouvel hôte sur lequel elles s'attachent et se nourrissent de sang pendant 3 à 5 jours. Le sang que les tiques sucent de leur hôte dilate leur abdomen jusqu’à augmenter leur taille totale jusqu’à 3 fois.

Les tiques ont besoin d’un repas complet de sang pour atteindre le stade suivant de leur développement. Une fois nourries, elles se détachent de leur hôte et tombent sur le sol pour muer vers le stade suivant ou pondre des œufs (quand elles ont pris leur repas de sang au stade adulte).

Une tique est contaminée par la bactérie Borrelia dans les stades précoces, larvaire ou nymphal lorsqu’elle se nourrit du sang d’un animal infecté, le plus souvent un rongeur. Borrelia migre ensuite vers les intestins de la tique où elle se multiplie et demeure, en attendant l’hôte suivant et le prochain repas de sang.

Un fois sur un nouvel hôte, la tique se déplace à la recherche d’un emplacement adéquat pour piquer. Elle insère son capitulum profondément dans le derme de son hôte. Elle suce le sang pendant 3 à 5 jours. A de nombreuses reprises, elle régurgite de la salive dans le sang de l'hôte.

La salive de la tique contient différents types de substances qui l'aident à :

  • Coller le capitulum (le dard) de la tique au derme de l’hôte
  • Inhiber la coagulation du sang et l’agrégation des plaquettes
  • Dilater les vaisseaux capillaires sanguins
  • Prévenir la démangeaison et la douleur

En plus de Borrelia, les tiques peuvent aussi contenir de nombreux autres pathogènes qui ont été ingérés lors d’un repas sur un hôte précédent : le virus de l’encéphalite transmise par les tiques (TBEV ou Powassan virus), les bactéries Babesia, Anaplasma and Ehrlichia. Ils provoquent respectivement une encéphalite, une babésiose, une anaplasmose et une ehrlichiose.

Ces pathogènes sont tous transmis lorsque la tique régurgite de la salive.

Il est généralement admis que la transmission de Borrelia chez un nouvel hôte, disons un chien, se produit dans les 24-48 heures suivant le début du repas de sang. Toutefois, une étude très récente montre que cette contamination pourrait être beaucoup plus rapide et prendre place seulement quelques heures après le début du repas (étude non encore publiée – à confirmer).

Pour être infecté votre chien doit vivre dans un endroit où :

  • on peut trouver des tiques du genre Ixodes
  • et où il y a des rongeurs eux-mêmes infectés par Borrelia burgdorferi.

Etant donné que le mode de contamination est le même pour les chiens ou les humains, le risque de contracter la maladie de Lyme est aussi sensiblement le même pour vous, votre famille que pour votre chien.

Reportez-vous donc aux cartes épidémiologiques de la maladie de Lyme chez l’homme pour estimer le risque pour votre chien.

Pour les Etats Unis, vous trouverez la carte ici

Vous constaterez que les risques sont plus élevés dans la partie nord-est des Etats-Unis.

Il n'y a pas de telles données pour l'Europe, mais vous pouvez vérifier la présence de tiques vecteurs Ixodes ricinus en Europe ici

En France, le problème que pose la maladie de Lyme chez l'Homme est largement sous-estimé par les autorités sanitaires et ce sujet et l’objet d’une intense polémique avec les nombreuses associations de patients. Quelques associations s'attachent à informer et à aider les personnes malades:

Symptômes

Chez les patients humains

La maladie de Lyme est un problème majeur de santé publique. Aux Etats-Unis, elle est la deuxième maladie infectieuse (300 000 cas) juste après le SIDA. En Allemagne on estime qu’il y a jusqu’à 1 million de personnes infectées.

Chez l’homme, le premier symptôme est celui de l’erythema migrans qui se développe quelques jours après que la tique a piqué. Il s’agit d’une auréole rouge, centrée au niveau de la piqure et dont la taille s’agrandit progressivement avant de disparaitre.

L’erythema migrans correspond à la première phase de multiplication de la bactérie dans la peau, au niveau de la zone de piqûre. Il peut être associé à de la fièvre ou un à écoulement nasal.

Il faudrait pouvoir traiter la maladie à ce stade car les choses sérieuses arrivent bien après, voire des années après, sous la forme de troubles chroniques touchant le cœur, le cerveau, les articulations….Voir plus ici

Chez le chien

Chez le chien, ce n’est pas si grave. Seulement 5 % des chiens infectés par Borrelia développent des symptômes. Et encore ne s’agit-il que de fièvre transitoire, de perte d’appétit et d’arthrite (Littman et al. 2006). Ceux-ci affectent principalement les chiots et disparaissent au bout de quelques jours.

Toutefois, cette infection mérite que l’on s’y intéresse sur le long terme. Les chiens testés positifs aux anticorps de Borrelia ont tendance à souffrir d’un certain type de maladie rénale: une néphropathie protéinurique.

De plus, l’infection conjointe d’autres micro-organismes transmis par les tiques du genre Ixodes (bactéries ou parasites) peut conduire à de l’arthrose ou une boiterie.

Diagnostic et traitement

Les tests sanguins mesurent la présence d'anticorps spécifiques à Borrelia.

Un résultat positif indique que le chien a été contaminé par la bactérie, récemment ou dans le passé, ou bien qu’il a déjà été vacciné contre Borrelia.

Si votre chien est séropositif ET qu’il présente les symptômes qui sont évocateurs de la maladie de Lyme, votre vétérinaire peut prescrire un traitement antibiotique. Il s’agit le plus souvent de doxycycline 2 fois par jour pendant un mois. Sans symptôme, aucun traitement n’est nécessaire.

Dans le cas où votre chien est séropositif, votre vétérinaire devrait considérer la possibilité d’une affection rénale et d’une coïnfection par un germe transmis par les tiques Ixodes.

Prévention

La première question que vous devez vous poser est si vous vivez dans un endroit à risque. Il y a-t-il près de chez vous des tiques du genre Ixodes porteuses de bactéries Borrelia?

Pour répondre à cette question, menez votre enquête auprès de professionnels médicaux dans votre région: médecins, pharmaciens, infirmiers... Les vétérinaires seront peut-être les moins bien informés car la maladie a relativement peu d'impact sur les chiens ou les chats.

Si tel est le cas, prenez conscience que vous-même, et votre famille, courrez plus de risques que votre compagnon à quatre pattes.

En effet, vous savez que vous pouvez être piqué tout autant que lui et que la maladie de Lyme est beaucoup plus grave chez l'Homme.

Priorité n°1: protégez-vous vous-même et votre famille à chaque fois que vous allez dans un endroit qui peut être contaminé (principalement dans les bois ou certaines zones urbaines fortement infestées par des tiques):

  • Portez des pantalons et des chemises ou polos avec des manches
  • Préférez les vêtements de couleur claire, car il est plus facile d’y remarquer les tiques
  • Utilisez des produits répulsifs
  • Après la promenade, prenez une douche et utilisez un gant de toilette
  • Examinez votre corps (vous pouvez demander que quelqu’un vous aide). Portez votre attention sur les zones chaudes et humides : les aisselles, et l’aine. N’oubliez pas qu’avant de piquer, les tiques sont très petites, en particulier les larves.

  • Si vous trouvez une tique, détachez-la avec une pince spéciale. N’utilisez jamais de produit chimique car ils peuvent provoquer la régurgitation de salive. Surveillez l’endroit où vous avez été piqué à la recherche d’un éventuel erythema migrans, signe que vous avez été contaminé par Borrelia

Priorité n°2 : protégez vos animaux contre les tiques:

Parce que les tiques transmettent d'autres maladies, il plus important de protéger les chiens contre les tiques que de les vacciner contre la borréliose.

Il existe sur le marché quelques produits répulsifs et/ou létaux contre les tiques qui préviennent les piqûres de tiques (au moins en partie). Parlez-en à votre vétérinaire.

Priorité n°3 : envisagez de vacciner votre chien

Il y a quelques vaccins disponibles sur le marché. 2 doses, à 2 à 4 semaines d’intervalles doivent être injectées aux jeunes chiots. Un rappel annuel est ensuite nécessaire.

Les effets secondaires ont lieu dans moins de 2% des cas. Ils se manifestent par une réaction immunitaire indésirable. C’est le même type de réaction indésirable qui a entrainé l'arrêt du vaccin chez l'homme.

Devriez-vous vacciner votre chien contre Borrelia burgdorferi?

La vaccination dans les régions qui ne sont pas endémiques n’est pas nécessaire.

Dans les régions endémiques, c’est un sujet à controverse. Quelques vétérinaires vaccinent, mais la plupart des experts ne le font pas (Littman et al. 2006). Les adversaires de la vaccination estiment que la maladie est bénigne (chez les chiens) et peut être guérie facilement avec un traitement antibiotique adéquat. Ils attirent l’attention sur le fait que la vaccination contre Borrelia ne prévient pas la transmission des autres pathogènes transmis par les tiques.

Principales références

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Leptospira interrogans


La leptospirose est aussi un enjeu majeur de santé publique. C’est une zoonose: elle peut être transmise directement des chiens aux humains.

La bactérie Leptospira interrogans est présente dans de nombreuses parties du monde. 5 à 30% des personnes infectées en meurent (voir Brochure de l'OMS en anglais). Les enfants sont particulièrement vulnérables et la maladie est plus fréquente dans les pays chauds et en voie de développement.

Leptospira interrogans est une bactérie spirochète. Comme toutes les spirochètes, elle est longue et fine, possède un flagelle qui la rend très mobile et très invasive. Elle peut toucher tous les organes.

Il y a différents sous-types de la bactérie. On les appelle sérotypes. Il est important que vous soyez conscient de ces sérotypes car ils ont des implications pratiques sur l’interprétation du diagnostic sérologique de la maladie et sur la stratégie de vaccination.

Les sérotypes que l’on peut trouver chez les chiens sont: Canicola, Icterohaemorrhagiae, Grippotyphosa, Pomona, and Bratislava

Leptospira interrogans in dogs identification card

Transmission

Les bactéries Leptospira sont excrétées dans les urines de mammifères infectés. Elles survivent plus longtemps dans le milieu extérieur lorsque celui-ci est chaud et humide.

Elles contaminent le sol ou l’eau qu’un nouvel hôte mammifère peut être amené à boire. Elles peuvent aussi pénétrer dans l’organisme d’un nouvel hôte par une blessure dans le derme ou par n’importe quelle muqueuse : celle de la bouche, du nez ou la conjonctive de l'œil.

En ce qui concerne Leptospira, il faut bien distinguer deux types d’animaux hôtes qui peuvent être infectés :

  • Les hôtes réservoir chez qui le virus prolifère mais qui ne développent que peu ou pas de symptômes aigus. Ces animaux contaminent abondamment leur milieu. Ils peuvent aussi développer les affections chroniques de la maladie, et en particulier une insuffisance rénale chronique
  • Les hôtes accidentels ou fortuits développent les symptômes aigus de la maladie.

Cette distinction entre hôte accidentel et hôte réservoir diffère suivant les sérotypes.

Hôtes réservoirs pour les sérotypes de leptospires associés à des pathologies chez les animaux domestiques aux USA et au Canada

Sérotype du leptospire Hôtes réservoir
Canicola Chiens
Pomona Porcins, bovins, opossums, sconses
Grippotyphosa Ratons laveurs, rats musqués, sconses, campagnols
Hardjo Bovins
Icterohaemorrhagiae Rats
Bratislava Porcins, souris (?), équins (?)

Source : merckvetmanual.com/generalized-conditions/leptospirosis

En général, les rongeurs servent d'hôtes réservoir pour la bactérie. Ils peuvent la transmettre aux chiens ou directement aux humains. La contamination peut aussi provenir de gros animaux : chevaux, bovins, ou porcins.

Les humains peuvent être infectés. Ce sont toujours des hôtes accidentels.

Les personnes qui travaillent ou vivent en relation étroite avec des animaux comme les vétérinaires, les agriculteurs, les éleveurs ou les professionnels dans les magasins animaliers courent plus de risque d’être infectés. Elles doivent se protéger de la contamination (port de gants et de cuissardes) et peuvent se faire vacciner.

Mécanisme de progression de la maladie

Au début de l'infection, le leptospire incube pendant 4 à 20 jours dans les tissus situés à proximité de l’endroit où il est entré.

Puis il migre vers différents organes, principalement les reins, le foie et les poumons, ou reste dans le sang. C’est la phase aigüe de la maladie.

Si l'hôte est un hôte accidentel, les bactéries sont finalement éliminées par le système immunitaire. S'il s'agit d'un hôte réservoir, l'infection devient chronique, Leptospira demeure et se réplique au niveau des reins pour se disséminer ensuite dans l'urine.

Symptômes

Chez les chiens, comme chez les autres mammifères, les symptômes vont de légers à très sévères et peuvent conduire à la mort.

Le leptospire attaque principalement les reins, le foie, les poumons et le sang. Notez que plusieurs organes peuvent être affectés en même temps.

Les reins

Une insuffisance rénale aigüe est le principal symptôme chez les chiens infectés par Leptospira. Les reins perdent leur capacité à produire de l’urine. Comme le sang n’est plus filtré, les toxines s’accumulent. L’eau est insuffisamment évacuée, conduisant à une surhydratation. L’animal vomit, a de la diarrhée et perd son appétit.

Il s'agit d'une urgence médicale. L’insuffisance est réversible si elle traitée dans les temps par une perfusion et un traitement symptomatique. Toutefois cet épisode aigu peut être le point de départ d’une maladie rénale chronique longue et progressive. En pratique, si votre chien a été infecté par Leptospira, votre vétérinaire devra surveiller régulièrement sa fonction rénale.

Le foie

Le leptospire détruit les cellules du foie. On considère généralement qu’une maladie hépatique se développe une fois que le foie a perdu 70% de sa masse initiale. Les symptômes ne sont pas spécifiques et assez semblables à ceux d’une maladie rénale : perte d’appétit, vomissements, douleur abdominale et/ou diarrhée. Cela rend le diagnostic difficile. En outre le chien peut aussi souffrir d’une soif et d’une envie d’uriner excessives.

Dans les cas les plus sévères, le chien peut développer une jaunisse et/ou une hépatomégalie accompagnée d’un œdème abdominal.

Le diagnostic est confirmé chez le vétérinaire par des examens sanguins et de l’imagerie médicale.

Les poumons

Les chiens sévèrement affectés peuvent développer une hémorragie pulmonaire ce qui est la manifestation humaine de la maladie la plus fréquente. Ce n’est pas commun chez les chiens néanmoins. Plus fréquemment les chiens ne manifestent que de la toux et une respiration irrégulière (dyspnée).

Hémorragique

Les manifestations sont diverses. Il peut s’agir de petits boutons rouges de sang situé juste en dessous de la peau (hémorragie pétéchiale), de saignements du nez (épistaxis), de saignements du tube digestif causant des selles noires et goudronneuses (méléna) et/ou de rejet de sang par la bouche (hématémèse).

Le tableau ci-dessous montre la répartition des symptômes chez environ 250 chiens suivis à l’Université Vétérinaire de Berne (Suisse). Un chien peut subir différentes manifestations de l’infection en même temps.

Cette étude montre que la quasi-totalité des chiens souffraient de troubles rénaux.

Organe impliqué N affectés/N total % affectés
Rénal 255/256 99.6%
Pulmonaire 194/253 76.7%
Hépatique 66/254 26.0%
Hémorragique 38/209 18.2%

source: Major A et al. Increasing Incidence of Canine Leptospirosis in Switzerland. Int J Environ Res Public Health. 2014 Jul; 11(7): 7242–7260

Diagnostic et traitement

Les symptômes de la leptospirose ne sont pas spécifiques à la maladie. Votre vétérinaire devra effectuer des tests complémentaires et de l’imagerie médicale pour établir son diagnostic.

La première étape est de comprendre quels organes sont affectés. Pour cela votre vétérinaire entreprendra des tests sanguins et urinaires.

Tests sanguins

  • Des valeurs anormales de l’aspartate aminotransférase (AST), de l’alkaline phosphatase (ALP) et de la bilirubinémie révéleront des troubles hépatiques
  • Des valeurs élevées de l’urée et de la créatinine sanguines sont indicatrices d’une insuffisance rénale
  • Des valeurs anormales du phosphate, du potassium, du sodium et du chlore sanguins suggèrent une leptospirose

Tests urinaires

La présence de protéines, de glucose ou de sang indiquent une insuffisance rénale.

Imagerie médicale

La radiographie et/ou l'échographie sont utilisées pour avoir une meilleure appréciation des dommages causés aux poumons, aux reins et au foie ainsi que leurs conséquences telles que des œdèmes.

Lorsqu’une leptospirose est suspectée, il faut la confirmer. 2 types de test peuvent utilisés :

  • Le test d’agglutination (MAT) détecte les anticorps anti-Leptospira. Ce test a des limites et peut donner des faux positifs ou des faux négatifs. Dans le cas où le chien était précédemment vacciné contre la leptospirose, le vétérinaire traitant devra effectuer le test deux fois à quinze jours d’intervalle pour faire la différence entre les anticorps liés à l’infection et ceux liés à la vaccination anti-leptospirose (s'il s'agit de la maladie, le nombre d'anticorps aura augmenté entre les deux tests).
  • La réaction en chaîne à la polymérase (PCR) permet d’identifier des séquences d’ADN appartenant au leptospire. Il doit être effectué à la fois sur des échantillons de sang et d’urine. Un résultat positif sur l’échantillon sanguin combiné à des symptômes évocateurs indique que le chien est bien infecté. Des résultats positifs sur l’échantillon urinaire montre que des bactéries présentes dans l’urine peuvent contaminer le milieu de vie de l’animal. Il se peut qu’il y ait des faux négatifs néanmoins.

Diagnostiquer la leptospirose chez les chiens est loin d’être facile. Mais c’est nécessaire. C’est un sujet de santé publique. Vous ne pouvez prendre le risque que votre chien contamine votre foyer ou votre voisinage.

Heureusement, le traitement est relativement facile. Il s’agit d’un traitement antibiotique de 14 jours avec de la doxycycline, de l’ampicilline, de la pénicilline or de l’amoxicilline.

Votre vétérinaire devra surveiller de possible troubles hépatiques, rénaux ou respiratoires qui pourront apparaitre par la suite. Mais ceci est une autre histoire...

Prévention

La vaccination contre le leptospire n’est pas considérée comme “essentielle” par le comité d’experts de la WSAVA. C’est parce les chiens qui sont gardés à l’intérieur du foyer sans contact avec la nature sauvage, des sources d’eau extérieures ou d’autres sources de contamination peuvent ne pas en avoir besoin.

Toutefois, ce n’est pas une situation commune et il est très fortement recommandé de vacciner tous les autres chiens. La leptospirose est une maladie grave qui n’est pas facile à diagnostiquer et qui est transmissible à l’homme.

Les vaccins les plus anciens protègent contre les sérotypes Canicola et Icterohaemorrhagiae. Des vaccins plus récents sont quadrivalents et ajoutent la protection contre les sérotypes Grippotyphosa and Bratislava. Ils sont recommandés.

Principales références

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Vaccins non recommandés


Certains vaccins ne sont pas recommandés par le comité d'experts du WSAVA.

Vaccins contre le coronavirus canin

Cette recommandation repose sur 2 considérations:

  • il n'y a pas suffisamment de preuves que les vaccins contre le coronavirus sont protecteurs: il n'est pas établi que les vaccins disponibles protègent contre les variants les plus virulents du virus
  • le coronavirus entérique n'est pas un pathogène significatif chez le chien

Vaccins contre l'adénovirus de type 1

Les vaccins contre l'adénovirus de type 1 protègent contre les adénovirus de type 1 ET de type 2. Il en va de même pour les vaccins contre l'adénovirus de type 2 qui protège contre les deux virus.

Contre les adénovirus on préfère utiliser des vaccins vivants atténués qui sont plus efficaces et qui activent à la fois l'immunité humorale et l'immunité cellulaire.

Le problème ici est que les vaccins vivants atténués peuvent retrouver leur virulence et que l'adénovirus de type 1 provoque une maladie beaucoup plus grave que le type 2.

C'est la raison pour laquelle, à chaque fois que c'est possible, et pour limiter les effets secondaires, utiliser un vaccin contre l'adénovirus type 2 est préférable.

Les vaccins inactivés contre le parvovirus de type 2

Les vaccins vivants sont beaucoup plus efficaces. Ils reproduisent mieux une infection réelle. Ils doivent être privilégiés par rapport aux vaccins inactivés.

Principales références