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Les vaccins facultatifs dont votre chat peut avoir réellement besoin

Définir le programme de vaccination le mieux adapté à votre chat se fait en deux étapes.

La première étape est la plus facile: elle consiste à inclure les dans le programme les vaccins que tous les chats devraient recevoir quelque soient leur mode de vie ou leur exposition à des infections.

Ces vaccins sont les vaccins essentiels. Ils sont traités dans le chapitre 5 de ce guide. Il s'agit des vaccins contre le parvovirus, le calicivirus, l'herpès virus et la rage.

La deuxième étape est un peu plus délicate. Vous devez choisir dans la liste des vaccins optionnels (ou non essentiels) ceux dont votre chat a réellement besoin.

Pour cela vous devrez vous construire une opinion avec l'aide de votre vétérinaire en répondant aux questions suivantes:

  • quels sont les virus et bactéries les plus dangereux ?
  • quelle est la probabilité que mon chat soit infecté ?
  • est-ce que mon chat pourrait être particulièrement sensible à cette bactérie ou ce virus ?
  • si c'est une bactérie, l'infection est-elle facilement guérissable ?

Ce chapitre est destiné à vous aider.

L'âge de votre chat, son mode de vie et son environnement sont en général les paramètres clé qui vous permettront de répondre à ces questions.

Il faut que vous sachiez que cette distinction entre vaccins essentiels et vaccins optionnels est le fruit d'un travail approfondi effectué par un collège international d'experts infectiologues vétérinaires.

Ils ont été réunis par l’Association Mondiale des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie (WSAVA) au sein du VGG ("Vaccination Guidelines Group) pour établir des recommandations mondiales sur la vaccination des chiens et des chats.

Les vaccins optionnels (non-essentiels) définis par le VGG protègent contre :

  • le virus de la leucémie féline (FeLV)
  • le virus de l’immunodéficience féline (FIV)
  • la bactérie Chlamydia felis
  • la bactérie Bordetella bronchiseptica
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Le virus de la leucémie féline (FeLV)


Dans les années 50-70, le virus de la leucémie féline était la cause de 70% des lymphomes, la tumeur cancéreuse la plus fréquente chez les chats.

Aujourd’hui, grâce à des mesures simples d’hygiène et grâce aussi à la vaccination, le nombre de chats infectés par le virus de la leucémie féline a très nettement chuté.

Il n’en reste pas moins que le virus peut entrainer des troubles très graves chez les chats et en particulier chez les chatons. Des études récentes ont montré que la présence du virus entrainait une diminution notable de l’espérance de vie.

Carte d'identité du virus de la leucémie féline (FeLV)

Transmission

Le virus N'EST PAS très contagieux car ses capacités de survie dans le milieu extérieur sont très limitées. Il doit trouver un nouvel hôte dans les 24 heures qui suivent son rejet dans le milieu extérieur par les sécrétions nasales ou orales d'un chat infecté.

De plus, pour être infectantes les doses de virus inoculées doivent être élevées.

C'est pourquoi la contamination se fait le plus souvent par contact direct d’un chat à un autre. Par exemple lors de séances de toilettage entre chats ou par une morsure. Plus rarement, la contamination peut se produire chez des chats mangeant dans la même gamelle ou partageant la même litière.

Les chats à risque ont donc un style de vie bien identifié. Soit ils vivent en collectivité avec d’autres chats, soit leur propriétaire leur laisse la liberté d’aller se promener en dehors du domicile.

La transmission peut aussi avoir lieu de la mère vers ses chatons avant ou après leur naissance.

Progression du virus FeLV dans l’organisme

Le comportement du virus de la leucémie féline (FeLV) dans l’organisme est extrêmement variable. Il peut même avoir des effets contraires.

Dans certains cas, le virus de la leucémie féline favorisera la prolifération des cellules du système lymphatiques et sera donc à l’origine de tumeurs cancéreuses à plusieurs endroits de l’organisme.

A l’inverse, il peut réduire la production de lymphocytes et entrainer une déficience du système immunitaire.

Il peut tout aussi bien ne rien se passer lorsque le système immunitaire du chat prend le dessus.

Le large spectre des maladies potentiellement causées par l’infection résulte de la grande variabilité d’une part du génome du virus FeLV et d’autre part de l’interaction entre l’hôte (le chat) et le virus.

Variabilité génétique du virus de la leucémie féline

Le virus de la leucémie féline est un rétrovirus. C'est un simple brin d’ARN qui est retranscrit en ADN (transcription inverse) dans la cellule infectée de l’hôte. Lorsqu’il est sous sa forme ADN, un rétrovirus est appelé provirus.

Seuls les provirus peuvent se répliquer. Le provirus s’incorpore dans l’ADN de la cellule hôte et l’oblige ainsi à produire de nouveaux virus.

Des erreurs peuvent se produire lors de la transcription inverse (la transcription usuelle est celle d’un ADN vers un ARN). Elles s’accumulent et conduisent à la forte variabilité du génome des rétrovirus.

Ainsi, quatre sous-groupes de virus de la leucémie féline ont été identifiés.
Les FeLV-A, FeLV-B, FeLV-C et FeLV-T.

  • le sous-groupe FeLV-A ne déclenche aucun symptôme au moment de la contamination, mais peut conduire à terme à un lymphome du thymus, un organe majeur du système lymphatique
  • le rôle du sous-groupe FeLV-B n’est pas totalement éclairci. Son action est proche du FeLV-A, avec une étape initiale de réplication asymptomatique, puis par une présence importante dans les tissus des lymphomes
  • le sous-groupe FeLV-C entraine une anémie
  • le sous-groupe FeLV-T attaque les lymphocytes T et réduit la réponse immunitaire de l’hôte

Interaction hôte virus

Au tout début de l’infection, le virus se réplique dans les tissus lymphatiques des cavités buccales et nasales. Cette phase dure environ 3 semaines.

Ensuite le virus peut rejoindre d’autres tissus lymphatiques dans tout l’organisme. La moelle des os, le thymus et les ganglions lymphatiques sont particulièrement visés.

A ce moment, en fonction de la qualité de la réponse immunitaire de l’animal, l’infection peut évoluer de quatre manières différentes.

L’infection avortée

Dans ce cas, malheureusement rare, le système immunitaire a été parfaitement efficace. Le virus est totalement éliminé. On ne retrouve ni ses antigènes dans la circulation sanguine, ni l'ADN du provirus dans les cellules.

L’animal est définitivement guéri et aucune rechute n’est à craindre.

L’infection régressive

Le virus est contenu par le système immunitaire. Il reste présent à bas niveau dans les cellules du système lymphatique sous sa forme provirus, c'est-à-dire d’ADN retranscrit. Il ne se réplique pas sous sa forme infectante rétrovirale (ARN encapsulé).

Le chat infecté ne contamine pas son environnement et ne développe pas de symptôme. Il n'y a donc pas de différence clinique avec une infection avortée.

En revanche, le virus a toujours la possibilité de se réactiver à n’importe quel moment. On entrerait alors dans la situation suivante, celle de l’infection évolutive.

L’infection évolutive

C’est la forme clinique, celle où le chat exprime des symptômes et contamine son environnement.

Après la période initiale de réplication dans les tissus lymphatiques de la bouche et de la cavité nasale, le virus rejoint la moelle des os, puis les tissus des certains organes : ganglions lymphatiques, rate, vessie, intestins, glandes salivaires…

C’est la situation la plus fréquente.

L’infection focale

L’infection se focalise sur des régions précises de l’organisme où le virus se réplique préférentiellement: les yeux, les glandes mammaires, la vessie.

La production de virus est permanente, mais peut varier d’intensité. Le virus peut ne pas être détecté si le test sanguin tombe à un moment où la réplication est à un niveau très faible.

Symptômes

Durant les quelques semaines qui suivent la contamination, il n'y a peu ou pas de symptômes.

Si l’infection est évolutive, des symptômes apparaissent au bout de quelques mois, mais quand ils sont présents, ils restent vagues et non spécifiques : perte d’appétit et de poids, léthargie, vomissements…

Avec le temps ils deviennent plus précis et évocateur des organes qui ont été touchés.

La leucémie n’est pas la seule conséquence possible de l’infection, même si le virus en porte le nom. Le virus peut entrainer de nombreuses autres maladies.

Immunosuppression

Le virus réduit les capacités de défense des cellules immunitaires : macrophages, cellules dendritiques, leucocytes, lymphocytes…

Le chat devient particulièrement sensible aux infections par des bactéries, des virus ou des champignons.

Ce mode d’action se rapproche de celui du virus FIV chez le chat que nous verrons dans la prochaine section, et à celui du SIDA chez les humains.

Anémie

Le virus peut aussi attaquer les globules rouges, les cellules qui apportent l’oxygène aux cellules de l’organisme. Il prive ainsi le chat d’énergie.

Il en résulte une pâleur des muqueuses, une fatigue profonde et prolongée, une accélération des rythmes cardiaque et respiratoire.

Lymphome

C’est la tumeur cancéreuse la plus fréquente chez le chat. Le virus FeLV en était la cause la plus fréquente il y a quelques dizaines d’années.

Maintenant que beaucoup moins de chats sont infectés par le FeLV, ce n’est plus la cause principale des lymphomes.

Les lymphomes peuvent affecter de nombreux organes :

  • les organes du tube digestif
  • le thymus
  • les ganglions lymphatiques
  • les reins
  • multicentriques, en incluant le foie, la rate, et la moelle des os

Maladies auto-immunes

Elles sont le résultat d’un dysfonctionnement du système immunitaire qui considère certaines cellules l’organisme comme des intrus. Le système immunitaire les attaque et entraine des troubles de fonctionnement des organes concernés.

Le FeLV peut provoquer des réactions auto-immunes dans les reins et les articulations. Il en résulte une glomérulonéphrite conduisant à une insuffisance rénale chronique, ou une polyarthrite.

Troubles de la reproduction

Le FeLV peut causer la résorption fœtale, l’avortement ou la mort à la naissance des pauvres chatons.

Affections neurologiques

Elles sont causées par la compression d’une tumeur sur le cerveau ou sur la moelle épinière, et aussi par une action directe sur les nerfs périphériques.

Elles sont à l’origine de nombreux troubles : dysfonctionnement de la pupille ou de la paupière de l’œil, perte de la vue, incontinence urinaire, vocalisations, capacités sensorielles exacerbées, perte des capacités motrices ou paralysie.

Diagnostic

Votre vétérinaire vous conseillera de tester votre chat s’il présente certains des symptômes de l’infection ou si son mode de vie est jugé à risque.

Les chats dits « à risque », sont ceux qui vivent en permanence et ou occasionnellement en collectivité ainsi que chez les chats que l’on laisse vagabonder dans le voisinage.

La détection d’une infection par le FeLV s’appuie sur 3 types de test.

ELISA : test par immunochromatographie

C’est un test sanguin de première intention. Il détecte la présence dans le sang d’un antigène du virus FeLV : la protéine p27.

Ce test se fait directement au sein du cabinet vétérinaire.

Il peut être trompeur à cause du nombre important de faux-négatifs. La nature sporadique de la réplication des virus dans le sang fait que l’on peut très bien tomber dans une période où il y a peu ou pas de virus circulant dans le sang.

C’est la raison pour laquelle on conseille de répéter ce test à 15 jours d’intervalle et/ou de pratiquer d’autres types d’examen.

IFA : test par immunofluorescence

Cet autre examen du sang (ou du sérum) ne sera pas directement traité par votre vétérinaire. Il doit être envoyé en laboratoire pour analyse. Il est utilisé en confirmation du test précédent.

Il détecte le même antigène p27 du virus, mais cette fois-ci dans les globules blancs du sang. Il indique une infection d’un stade déjà avancé qui a touché la moelle des os.

Ce test est sujet à des faux-positifs. Et il ne peut diagnostiquer des infections régressives ou avortées.

Si les tests donnent des résultats contradictoires, le chat est présumé infecté. Il faut les répéter jusqu’à obtenir un niveau acceptable de certitude.

PCR : test par amplification des acides nucléiques (ADN ou ARN)

Ce test permet de détecter la présence du virus dans les cellules. Il peut servir de confirmation pour les autres tests et indiquer si les cellules de la moelle osseuse sont touchées.

Prise en charge de l’infection par le virus FeLV

A ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral qui puisse débarrasser un chat du FeLV, même si certaines expérimentations préliminaires avec des molécules issues de la recherche médicale humaine se révèlent intéressantes.

Les chats infectés devront être mis à l’écart de leurs congénères pour éviter la contamination.

Si le chat est symptomatique, il sera traité pour la maladie qu’a provoqué ou favorisé le virus FeLV, que ce soit un lymphome, une anémie, ou une surinfection.

Vaccination

Il n’est pas nécessaire ni recommandé de vacciner des chats qui sont déjà infectés.

C’est la raison pour laquelle un test doit être fait avant toute vaccination.

Les vaccins utilisés sont des vaccins inactivés ou recombinant. Les vaccins vivants sont déconseillés à cause de la capacité qu’a le virus atténué de retrouver sa virulence.

La primo-vaccination consiste en 2 injections à 3 à 4 semaines d’intervalle.

Chez les chatons, la première injection doit être effectuée à l'âge de 8 semaines.

Un rappel doit être fait un an après, puis tous les 2 à 3 ans.

Les vaccins disponibles contre le FeLV ne sont pas efficaces à 100%. C’est pourquoi il est toujours recommandé, en plus de la vaccination, de respecter des mesures d’hygiène qui préviennent la contamination :

  • garder son animal à l’écart d’autres chats qui pourraient être infectés
  • éviter autant que se peut que son chat aille vagabonder et se battre dans des endroits inconnus ou non contrôlés
  • tester les chats nouveaux entrants dans le foyer
  • ne pas mélanger ni faire partager les gamelles ou les litières, si vous avez plusieurs chats

Principales références

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Le virus de l’immunodéficience féline (FIV)


Le virus l’immunodéficience féline (FIV) partage beaucoup de caractéristiques avec le FeLV. Ce sont tous les deux des rétrovirus, ils résistent très mal au milieu extérieur et peuvent induire une immunodéficience chez les chats.

En revanche, la seule action pathogène du virus FIV est d'induire une immunodéficience. D’où son nom. D’où aussi son surnom : le SIDA du chat.

Le virus FIV est très semblable au virus HIV qui provoque le SIDA chez l’homme. Ils possèdent la même structure, le même cycle de vie et induisent les mêmes conséquences chez leurs hôtes respectifs.

En revanche, rassurez-vous, le virus FIV n’est pas transmissible à l’homme!

Le virus du FIV est un brin d’ARN encapsulé et accompagné d’une enzyme, la transcriptase inverse. Dans la cellule infectée, le brin est retranscrit en ADN grâce à l’enzyme qui l’accompagne et incorporé dans le matériel génétique de la cellule.

La forme ADN du virus est appelée provirus. Elle n’existe qu’à l’intérieur d’une cellule hôte. C’est cette forme que l’on cherche à détecter dans les analyses les plus poussées.

On distingue 5 variants du virus : A, B, C, D, et E. Cette distinction n’a pas de conséquence sur la prise en charge de l’infection. Mais elle est importante pour la mise au point des vaccins ou des tests de diagnostic.

Carte d'identité du virus de l'immunodéficience féline (FIV)

Transmission

Le virus ne survit que quelques minutes dans le milieu extérieur. Il est présent dans la salive des animaux infectés. Il se transmet essentiellement par les morsures entre chats. Ainsi, il affecte principalement les mâles agressifs.

Le virus est tellement peu contagieux, qu’il est fréquent d’observer que des chats porteurs puissent coexister pendant des années avec des chats sains sans que jamais le virus ne soit transmis.

De même, si les chattes gravides, dans des phases aigües de l’infection, peuvent transmettre le virus aux fœtus, au sein d’une même portée, tous les chatons ne sont pas atteints.

Progression du l’infection par le virus FIV

Le virus cible principalement les cellules du système immunitaire adaptatif (voir Chapitre 1 : le système immunitaire), c'est-à-dire les lymphocytes et les cellules présentatrices d’antigène (CPA) : les macrophages et les cellules dendritiques.

Après que les virus se sont introduits dans l’organisme, ils sont rapidement chassés puis ingérés par les cellules dendritiques et les macrophages, qui les transportent dans les principaux organes du système lymphatiques : le thymus, les ganglions lymphatiques et la rate.

Les CPA, comme c’est leur rôle, présentent le virus aux lymphocytes T qui se retrouvent alors infectés. On entre dans la phase aigüe de l’infection qui se traduit par la réplication active des virus et leur présence, en grand nombre, dans le sang.

Si le système immunitaire du chat est suffisamment performant, les anticorps, produits au bout de 2 à 4 semaines post infection, vont nettoyer le sang de tous les virus qui s’y trouvent.

Puis, les éventuels virus survivants rentreront dans une période de latence où ils continueront à se répliquer dans les lymphocytes et les tissus lymphatiques.

Cette phase de l’infection peut durer des années, voire toute la vie de l’animal.

Ensuite, chez certains individus, l’affaiblissement du système immunitaire (par le stress, l’âge, une maladie), peut conduire à une reprise du développement viral entrainant une immunodéficience chronique, puis la mort.

Symptômes

On distingue 3 phases dans l’infection:

  • la phase aigüe
  • la phase asymptomatique
  • la phase terminale (elle ne concerne pas tous les chats)

La phase aigüe

La phase aigüe correspond à la réplication rapide du virus dans les lymphocytes et les cellules des tissus lymphatiques.

Elle se produit juste après la contamination du chat. Elle peut durer de quelques jours à 3-4 semaines.

Les symptômes sont bénins et parfois inexistants. Il s’agit principalement de fièvre et de gonflement des ganglions lymphatiques.

La phase de latence

C’est la phase asymptomatique, il n’y a aucun trouble, aucune manifestation clinique.

Le virus est présent sous forme latente dans l’attente d’un affaiblissement du système immunitaire.

Cette phase dure en général plusieurs années. L’infection peut très bien s’arrêter là et le chat ne jamais développer aucune maladie ni symptôme liés au virus.

La phase terminale

C’est l’immunodéficience acquise, le SIDA du chat.

Elle affecte plus fréquemment les chats à partir de 4 ans. Les chats vieillissants dont les défenses immunitaires déclinent sont les plus souvent touchés.

Le chat devient alors très sensible à toutes les infections de quelque origine qu’elles soient : virale, bactérienne, fongique, parasitaire, ou par des protozoaires.

C’est leur fréquence et leur intensité qui va éveiller les soupçons du vétérinaire quant à l’apparition d’une immunodéficience. Il recherchera la présence éventuelle des virus FIV ou FeLV.

Il sera aussi alerté par des symptômes évocateurs comme une inflammation des gencives et des muqueuses de la bouche (gingivostomatite), des reins, une rhinite, une inflammation et un gonflement des ganglions lymphatiques, ou une perte de poids.

Le gingivostomatite est la cause la plus fréquente de consultation des chats infectés par le FIV. Elle se traduit par une douleur intense, des saignements et l’impossibilité de s’alimenter. Dans ce cas, le vétérinaire suspectera automatiquement une infection par le FIV.

L’animal décède souvent à moyen terme après le déclenchement de la phase terminale. Mais, contrairement à ce qui se passe avec le SIDA humain, une rémission et un retour provisoire ou définitif à l’état latent restent possibles.

Diagnostic

Il n’y a pas de symptôme qui signalent clairement une infection par le FIV. Toutefois, certains symptômes comme la gingivostomatite peuvent éveiller la suspicion sur la présence du virus.

Votre vétérinaire vous proposera de faire un test sérologique ou sanguin qu’il pourra pratiquer au sein de sa clinique.

Les tests de type ELISA ou IFA détectent les anticorps spécifiques au FIV circulant dans le sang.

Ces tests sont très performants. Mais ils ne sont pas parfaits. Ils doivent être interprétés avec précaution et ce, pour deux raisons.

  • il faut jusqu’à 2 mois après le début de l’infection pour que les anticorps apparaissent dans le sang. Si le test est pratiqué juste après la contamination, le résultat sera faussement négatif
  • les tests sont performants. Ils indiquent la présence du virus avec une précision (= sensibilité du test) de l’ordre 99%. Cela veut dire que l’on aura un faux positif dans 1% des cas. Donc, comme la fréquence réelle du FIV dans la population féline est de l’ordre de 1%, un test positif sur deux sera erroné

Ces deux considérations invitent votre vétérinaire à répéter le test environ deux mois après le premier.

Il faut aussi être prudent sur des tests pratiqués chez des chatons de moins de 6 mois. Un test positif peut être lié aux reliquats d’anticorps maternels de la mère si elle était elle-même infectée. Il faudra alors aussi répéter le test.

Bien sûr, il ne sert à rien de tester un chat qui a déjà été vacciné contre le FIV car aucun des tests disponibles ne fait la différence entre les anticorps déclenchés par le vaccin et ceux générés par le virus sauvage.

Prise en charge de l’infection par le virus FIV

Il n’y a pas de médicament enregistré contre le FIV.

l’AZT et l’AMD 3100 sont des molécules utilisées en médecine humaine pour traiter le SIDA. Elles ont donné des résultats positifs dans des traitements expérimentaux du FIV.

Ces traitements ne sont pas encore entrés dans la pratique vétérinaire. Ils sont peut-être inutiles car un chat infecté par le FIV a toutes les chances de mener une vie longue et normale.

Si votre chat est infecté par le FIV, il est nécessaire de prendre quelques mesures de précaution.

Le chat ne doit pas sortir du domicile. D’une part pour éviter qu’il ne transmette le virus à d’autres chats et d’autre part pour réduire le risque qu’il soit infecté par un autre pathogène.

Il est devenu très vulnérable à tout type d’infection. Il faut noter qu’une surinfection par un autre pathogène peut accélérer le cours de l’infection par le virus FIV.

Un chat infecté par le FIV devra être étroitement suivi par son vétérinaire. Une visite de contrôle et un bilan sanguin tous les 6 mois sont recommandés.

Vaccination contre le virus FIV

Parce que le FIV est un modèle animal pour le HIV responsable du SIDA en médecine humaine, beaucoup de travaux pour mettre au point un vaccin efficace ont été entrepris.

Une des difficultés pour la conception d’un vaccin contre le FIV est la grande variabilité des souches et le fait qu’il en existe 5 variants (A, B, C, D, E).

Il existe un seul vaccin. Il contient le virus entier, inactivé. Il contient un adjuvant. Il est disponible aux Etats Unis, en Nouvelle Zélande et en Australie seulement, et ne protège que contre les variants A et D. Il semble qu’il puisse aussi avoir un effet sur le variant B.

Après une vaccination initiale comprenant 3 injections, un rappel annuel doit être administré.

Le vaccin contre le FIV n’est pas un vaccin essentiel. Certains experts le déconseillent à cause de doutes sur son efficacité sur certains variants et par la lourdeur du protocole vaccinal sur un animal, le chat, qui court toujours le risque de développer une tumeur au point d’injection.

Son utilisation est envisageable chez les chats vivant en collectivité ou étant autorisé par leur propriétaire à mener une grande partie de leur vie à l’extérieur, dans des zones fréquentées par d’autres chats.

Principales références

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Chlamydia felis


Chlamydia felis est une bactérie intracellulaire. C'est à dire qu'elle doit pénétrer à l'intérieur d'une cellule de son hôte pour pouvoir se répliquer.

Chlamydia felis colonise les cellules épithéliales. Elle peut coloniser tout type de cellules épithéliales, dans les intestins ou les poumons. Mais on la retrouve plus souvent dans les cellules épithéliales de la conjonctive de l'oeil.

Chlamydia felis est le microorganisme le plus fréquemment impliqué dans les conjonctivites du chat.

Plus rarement, elle peut causer des troubles respiratoires, digestifs, ou de la reproduction.

Carte d'identité de Chlamydia Felis

Transmission of Chlamydia felis

Chlamydia felis est libérée dans les sécrétions oculaires et nasales d’un chat infecté.

Chlamydia felis survit difficilement dans le milieu extérieur. La contamination suppose un contact étroit avec un autre chat. Un toilettage mutuel entre chats est une situation favorable à la transmission.

Plus rarement, un chat peut s’infecter en fréquentant un endroit très contaminé. Par exemple, une litière contenant les matières fécales d’autres chats.

Progression de l’infection par Chlamydia felis

Chlamydia felis doivent pénétrer dans les cellules épithéliales de son hôte pour trouver les éléments nécessaires à sa réplication.

La bactérie se présente sous deux formes différentes :

  • le corps élémentaire. Il mesure de 0,2 à 0,6 microns. C’est la forme infectante, celle qui peut se transmettre d’un chat à un autre ou qui circule librement dans les systèmes sanguin et lymphatique
  • le corps réticulé. Il mesure de 0,5 à 1,5 microns. La bactérie se transforme en corps réticulé une fois qu’elle a pénétré dans une cellule hôte. Elle utilise ensuite les ressources de la cellule (lipides et protéines) pour se répliquer activement. A la fin de la phase de réplication, les corps réticulé retournent à l’état élémentaire infectant. Ils quittent alors la cellule hôte en détruisant une partie de sa membrane

Initialement, Chlamydia felis se réplique principalement dans les cellules épithéliales mais peut aussi infecter les cellules des muscles lisses et les globules blancs.

Après une période d’incubation de 2 à 5 jours, Chlamydia felis se répand à travers l’organisme et peut atteindre la rate, les poumons, le tube digestif, le foie, les reins…

Symptômes

Chlamydia felis agit principalement sur les tissus conjonctifs des yeux.

Une conjonctivite se développe dans les 2 à 5 jours qui suivent le début de l’infection. Elle atteint d’abord l’un des yeux, puis au bout d’un jour ou deux, atteint le second œil. On parle alors de conjonctivite bilatérale.

Elle peut être sévère et s’accompagner d’une congestion sanguine au niveau de la membrane nictitante (une troisième paupière, transparente qui protège les yeux de certains animaux dont le chat). Elle donnera une teinte rouge à l’œil, assez impressionnante.

L’œdème au niveau de la conjonctive est un signe évocateur de l’infection par Chlamydia felis. Le chat infecté peut aussi être victime de blépharospasmes, des spasmes musculaires de la paupière qui entrainent un clignement rapide, involontaire et répété de l’œil.

Beaucoup plus rarement, on peut observer une toux et un écoulement nasal. Ces troubles sont passagers.

L’atteinte des yeux peut durer jusqu’à plusieurs mois sous la forme d’une conjonctivite modérée, si le chat n’est pas soigné correctement.

Diagnostic

Le diagnostic prend tout d’abord en compte les signes cliniques évocateurs : conjonctivite, œdème et/ou congestion sanguine de la paupière nictitante.

Ensuite, il faut confirmer la suspicion d’une infection bactérienne par Chlamydia felis en pratiquant un examen de laboratoire. Il faut pouvoir distinguer cette infection de celle causée par le calicivirus ou l’herpès virus félin.

Le test biologique de choix est le PCR (pour Polymerase Chain Reaction en anglais) qui identifie des fragments d’ADN de Chlamydia.

Votre vétérinaire devra prélever les sécrétions oculaires de votre chat à l’aide d’un écouvillon humide. Il pourra pratiquer une anesthésie locale pour faciliter l’opération.

Traitement

Chlamydia felis est une bactérie. Elle est sensible aux antibiotiques.

Les molécules antibiotiques les plus fréquemment utilisées sont la doxycycline et la tétracycline.

Vaccination contre Chlamydia felis

L’infection pouvant être traitée par des antibiotiques, l’intérêt de vacciner est moindre que pour des infections virales.

Comme souvent la vaccination est recommandée pour les chats vivants en groupe. Un facteur supplémentaire de risque et l’arrivée dans ces groupes de chats dont l’historique de vaccination est inconnu.

Le vaccin est aussi recommandé pour des chatons dont la mère est infectée.

La vaccination n’empêche pas l’infection. Mais elle réduit la réplication des bactéries et prévient la maladie.

La vaccination initiale comporte 2 doses à administrer à 4 semaines d’intervalle, à partir de l’âge de 9 semaines.

Un rappel annuel est nécessaire.

Principale référence

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Bordetella bronchiseptica


Bordetella bronchiseptica est une bactérie pathogène qui affecte le système respiratoire.

Alors que la plupart des autres bactéries respiratoires sont des bactéries opportunistes, qui profitent d’une primo-infection virale, Bordetella bronchiseptica est capable à elle seule de déclencher tous les symptômes des maladies respiratoires.

Carte d'identité de Bordetella bronchiseptica chez le chat

Transmission

Bordetella bronchiseptica contamine le milieu extérieur de l’organisme par les sécrétions orales ou nasales des chats infectés. Toutefois, elle résiste difficilement aux conditions ambiantes.

La contamination se produit généralement par contact direct de chat à chat. La bactérie peut se transmettre indirectement par des supports fortement contaminés comme les matières fécales.

Un chien infecté peut très bien transmettre la bactérie à un chat.

Plus un chat vit entouré d’autres animaux, plus il a de chances d’être contaminé. C’est le cas pour les foyers accueillant de nombreux chats ou chiens, pour les chatteries, les refuges ou les élevages de toute nature.

Beaucoup d’animaux sont des porteurs sains qui libèrent de grandes quantités de bactéries dans l’environnement sans en présenter eux-mêmes les symptômes.

La bactérie devient virulente lorsque l’organisme est affaibli (par une infection virale, par exemple) ou lorsque le chat subit un stress (surpopulation de chats, présence de chiens, voyage, mise bas…).

Progression de l’infection

Bordetella bronchiseptica peut se déplacer dans les milieux liquides grâce à ses flagelles.

Bordetella bronchiseptica 02

Bordetella bronchiseptica sécrète des protéines, les adhésines, qui lui permettent de se fixer sur les cellules épithéliales ciliées des voies respiratoires, malgré la présence de mucus.

Une fois collée à un épithélium, la bactérie libère ensuite de nombreuses toxines qui conduisent à la destruction des cellules ciliées.

Symptômes

Ils occupent tout le spectre possible des symptômes respiratoires. En partant des signes les plus bénins qui disparaissent au bout d’une à deux semaine (fièvre, toux, éternuement, écoulements nasal et oculaire, gonflement des ganglions lymphatiques) jusqu’aux troubles les plus sérieux tels qu'une pneumonie mortelle, en particulier chez les jeunes chatons.

Il faut noter que même si Bordetella bronchiseptica est une bactérie particulièrement virulente, en général, elle n’agit pas seule. Elle se retrouve souvent en compagnie d’autre pathogènes, en particulier viraux comme le calicivirus ou l’herpès virus (voir chapitre 5 : les vaccins essentiels du chat).

Diagnostic

Votre vétérinaire cherchera à recueillir des échantillons contenant le pathogène à l’aide de l’une des deux techniques suivantes :

  • le lavage broncho alvéolaire explore les voies profondes du système respiratoire: les bronchioles et les alvéoles.
    Le chat est anesthésié. Votre vétérinaire pourra s’aider avantageusement d’un endoscope.
    Une sonde est introduite par la gueule du chat jusque dans les poumons en passant par la trachée-artère. Une solution de chlorure de sodium est versée puis aspirée à l’aide d’une seringue.
    Le liquide ainsi recueilli sera soumis aux examens de laboratoire
  • le prélèvement au niveau du pharynx et/ou de la cavité nasale renseigne sur l’atteinte des voies aériennes supérieures. Il consiste à passer une tige, recouverte d’une simple boule de coton à une extrémité sur les zones ciblées.
    Le coton imbibé des sécrétions du nez et de la gorge est conservé dans un tube à essai fermé pour analyse ultérieure

Les échantillons recueillis sont ensuite analysés soit par culture soit par la technique d’amplification génique (PCR).

Les tests sérologiques, qui détectent les anticorps spécifiques à Bordetella bronchiseptica sont peu utilisés. Ils indiquent si le chat testé a été infecté, à un moment ou à un autre de sa vie, mais renseignent peu sur les raisons des symptômes.

Traitement

Bordetella bronchiseptica est une bactérie. Elle est sensible, entre autres, à la doxycycline, l’enrofloxacine, ou l’association amoxicilline-acide clavulanique.

Vaccination

La vaccination contre Bordetella bronchiseptica est optionnelle et n’est recommandée que pour les chats qui sont particulièrement exposés aux maladies respiratoires. Ce sera le cas pour les chats vivants en large communauté d’animaux ou pour les chatons dont la mère, elle-même est infectée.

Le vaccin vivant atténué est administré par voie intranasale.

La primo-vaccination consiste en une seule administration à partir de 4 semaines d’âge.

Un rappel annuel est nécessaire.

Principales références