Abonnez-vous à la newsletter

INSCRIVEZ-VOUS !

 

Les vaccins essentiels dont votre chat a absolument besoin

La vaccination est un pilier de la médecine vétérinaire. C’est le composant principal de la médecine préventive.

La vaccination protège non seulement votre chat contre les infections, mais aussi prévient la contamination vers les autres animaux et, dans certains cas, vers les humains.

C’est une affaire de santé publique.

Mais il n'est pas souhaitable ni recommandé d'administrer tous les vaccins disponibles.

Il y a des choix à faire.

Un groupe d’experts vétérinaires, le VGG (Vaccination Guidelines Group en anglais) a été chargé de rédiger des recommandations sur la vaccination des chiens et des chats.

L’objectif du VGG était de mettre au point des recommandations pour des programmes de vaccination qui offriraient une protection optimale contre les infections tout en essayant de limiter la charge vaccinale au maximum.


Mais, qu’est-ce que la charge vaccinale? Et pourquoi la limiter?


La charge vaccinale représente l'ensemble des vaccins qu’un chat reçoit tout au long de sa vie.

Les 2 raisons pour lesquelles nous devrions essayer de limiter le nombre de vaccins sont financière et médicale.

Un coût trop élevé peut dissuader certains propriétaires de chat d’aller jusqu’au bout du protocole de vaccination et ceci au détriment des vaccins qui sont réellement indispensables.

Il faut aussi reconnaitre que la vaccination n’est pas tout à fait sans risques, même si le bénéfice global pour la santé ne fait aucun doute.

Par exemple, les virus présents dans les vaccins atténués peuvent retrouver une partie de leur virulence et provoquer les mêmes symptômes que la maladie.

Des réactions allergiques ou inflammatoires mineures sont possibles après l’administration d’un vaccin telles que de la fièvre, des rougeurs ou bien des gonflements ou de la douleur au site d’injection.

Il peut aussi y avoir des effets plus inquiétants, heureusement très rares :

  • Un choc anaphylactique, qui est une réaction allergique exacerbée et requiert des soins médicaux urgents
  • Une tumeur cancéreuse (sarcome) au point d’injection, qui est une spécificité du chat. Il se développe en quelques mois ou quelques années après l’injection d'un vaccin

Comment limiter la charge vaccinale ?


Le VGG définit deux catégories de vaccins :

Les vaccins essentiels : les vaccins qui devraient être administrés à TOUS les chats. Ces vaccins protègent contre des maladies infectieuses potentiellement létales et que l’on peut retrouver dans les différentes parties du monde.

Les vaccins non essentiels sont requis pour les chats dont le mode de vie et/ou dont l’environnement immédiat les fait courir plus de risques de contracter une maladie infectieuse.

Les vaccins essentiels pour les chats sont discutés dans ce chapitre. Ce sont :

  • Le panleucopénie féline (FPV), aussi connue sous le nom de parvovirus félin
  • Le calicivirus félin (FCV)
  • L’herpès virus félin de type 1 (FHV-1)
  • Le virus de la rage

Les vaccins non essentiels sont discutés dans le Chapitre 6

1

Calendrier de vaccination


Calendrier de vaccination pour les vaccins essentiels du chat

Chez les chatons

Le programme inclut 3 administrations consécutives des vaccins essentiels : corona virus félin (FCV), herpès virus félin (FHV-1) et le virus de la panleucopénie féline (FPV).

L’objectif est de protéger les chatons contre ces virus aussi tôt que possible tout en essayant d’éviter les interférences des anticorps maternels qui empêchent une immunisation satisfaisante.

La première administration convient aux chatons dont les anticorps maternels ont disparus tôt. Elle sera effectuée à l’âge de 6-8 semaines.

Les deux administrations suivantes ont lieu à 2-4 semaines d’intervalle. La dernière ne devra pas être faite avant que le chaton a 16 semaines : il faut être sûr qu’il n’y a plus d’anticorps maternels. Dans certaines situations, lorsque la première injection est faite très tôt, votre vétérinaire pourra vacciner votre chaton 4 fois.

Chez les chats adultes

La première administration est faite à 1 an ou 12 mois après la dernière administration de la série de vaccinations pour chatons.

La vaccination de rappel pour le vaccin contre le panleucopénie doit être effectuée tous les 3 ans.

En revanche, l’immunité conférée par les vaccins contre l’herpès virus et contre le calicivirus n’est pas aussi forte que pour la panleucopénie. Il faut donc prendre en considération le mode de vie de votre chat :

Les chats à risque faible, vivant seuls et sortant peu ne devraient être vaccinés que tous les 3 ans, avec le vaccin contre le parvovirus.

Les chats à risque élevé sont les chats qui vivent dans un foyer avec plusieurs chats, ou qui sont autorisés à vagabonder en dehors de la maison, ou bien qui sont amenés à être gardés de temps à autres dans des endroits abritant de multiples chats comme les chatteries. Ces chats doivent être vaccinés tous les ans.

Principale référence

2

Le site d’injection d'un vaccin chez un chat


Chez les chats (et les chiens), les vaccins peuvent provoquer des effets secondaires. Ils sont rares, le plus souvent bénins et temporaires. Toutefois, il faut rester vigilant quant à l’arrivée de réactions allergiques exacerbées qui nécessitent des soins urgents (voir Chapitre 2 : les Principes de la vaccination).

Chez les chats, un autre type d’effet indésirable peut poser problème. Il s’agit d’une tumeur cancéreuse de grande taille et de consistance ferme qui se développe au point d’injection en 3 à 12 mois. Elle est facilement visible sur le pelage. Elle est connue sous le nom de sarcome félin au point d’injection.

Ces sarcomes sont très rares. Ils représentent environ 2,3% des effets secondaires qui eux-mêmes se produisent dans seulement 0,05 à 0,5% des cas de vaccination.

Ils ne remettent pas en cause les bénéfices médicaux de la vaccination. Mais c’est une bonne raison pour NE PAS « sur-vacciner » les chats et pour prendre quelques précautions :

  • Chaque fois que c’est possible, éviter les vaccins contenant des adjuvants
  • Eviter de vacciner dans la région interscapulaire (région située entre les omoplates)
  • Préférer les injections sous-cutanées aux intramusculaires
  • Alterner les sites d’injection

Ces mesures doivent aider à limiter les risques que cette tumeur apparaisse chez votre chat.

Il faut aussi noter que cette tumeur peut être soignée et guérie.

Principales références

3

La panleucopénie féline (FPV)


Le virus de la panleucopénie féline est génétiquement proche du parvovirus canin de type (CPV-2).

Le parvovirus félin provoque l’entérite infectieuse féline. Vous pourrez trouver d’autres noms à cette maladie : la panleucopénie féline, l’entérite parvovirale féline ou la Maladie de Carré féline.

La principale conséquence de l’infection est une baisse de la population de tous les globules blancs, d’où l’un de ses noms : panleucopénie (pan = tous – leucopénie = faible taux de globules blancs).

Carte d'identité du virus de la panleucopénie féline

Transmission

La panleucopénie féline est très contagieuse.

Les chats infectés peuvent libérer un grand nombre de virus, dans tous types de sécrétions : les fèces, l’urine, les écoulements nasal et oral. Ils s’accumulent rapidement dans l’environnement du chat infecté. Mais la libération de virus s’arrête rapidement après la guérison.

Les virus sont très résistants dans le milieu extérieur. Ils peuvent survivre pendant quelques mois et jusqu’à une année. Ils peuvent aussi être disséminé par les chaussures, les habits ou sous les pattes des animaux.

En théorie, ces virus peuvent être détruits par de nombreux désinfectants (eau de javel, peroxydes…). Mais le retour d’expérience des chatteries ou des élevages montre qu’il est très difficile de l'éradiquer. C’est une raison pour laquelle, il est toujours recommandé de vacciner un nouvel entrant dans une collectivité de chats.

Le virus entre dans l’organisme du chat par les voies aériennes (gueule ou narines).

Chez une chatte gestante contaminée, le virus peut traverser la barrière placentaire et infecter ses fœtus chez qui il provoque un avortement ou la mise au monde de mort-nés.

Progression du virus de la panleucopénie féline dans l’organisme

Schéma des cavités orales et nasales du chat

Après une période d’incubation de 2 à 7 jours dans l’oropharynx, où il se réplique, le parvovirus peut rejoindre n’importe quel organe:

  • dans l’intestin grêle où il raccourcit les villosités de l’épithélium et provoque une inflammation
  • dans la lymphe il détruit les globules blancs et perturbe la réponse immunitaire
  • dans la moelle osseuse il entrave la production des cellules du sang (granulocytes, monocytes, globules rouges et plaquettes)
  • chez les chatons, il peut aussi attaquer le système nerveux

Symptômes

Heureusement, dans la plupart des cas, il n’y a aucun symptôme. Tous les chats qui ont été infectés et qui ont survécu sont immunisés pour le restant de leur vie.

Les chatons et les chats de moins de 1 an sont plus sensibles au virus. Certains d’entre eux meurent soudainement, sans avertissement.

D’autres développent de la fièvre, une dépression, une anorexie ou vomissent après la période d’incubation du virus. De la diarrhée et une déshydratation suivent rapidement.

La maladie ne dure pas plus d’une semaine pour les chats qui finissent par survivre.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur un examen du sang. Les chats qui ne sont pas vaccinés et qui ont un nombre faible de cellules sanguines seront suspectés d’avoir été infecté par le parvovirus.

La confirmation viendra d’examens complémentaires par agglutination ou immunochromatographie.

Traitement et prévention

Dans le cas de maladie aiguë, les chances de guérison augmentent si des soins rapides et intensifs sont apportés.

Ils consistent à réhydrater et à restaurer l’équilibre minéral par perfusion. Parce que les intestins ne constituent plus une barrière suffisamment étanche à des infections bactériennes, votre vétérinaire pourra aussi prescrire un antibiotique à large spectre.

Des vaccins inactivés ou vivants atténués sont disponibles. Notez que les vaccins vivants atténués ne doivent pas être administrés aux très jeunes chatons de moins de 4 semaines, aux chats malades ou aux chattes gestantes.

Principale référence

4

Le calicivirus félin (FCV)


Le calicivirus est un virus à ARN. En tant que tel, il évolue rapidement et peut s'attaquer à différentes parties de l’organisme. Son profil génétique est très variable, ce qui rend la conception de vaccins plus difficile : les chercheurs doivent trouver les antigènes à la fois spécifiques du virus et communs à toutes ses variantes.

En fonction du variant dont le chat est infecté, les symptômes peuvent être très différents:

  • Une maladie respiratoire dont les symptômes sont très semblables à ceux causés par l’herpès virus félin
  • Un syndrome de boiterie
  • Une infection systémique virulente entrainant la mort
Carte d'identité du calicivirus félin

Transmission

Le calicivirus félin est hautement contagieux.

On peut difficilement le retrouver chez d’autres espèces que les chats, comme les chiens par exemple. Il n’y a pas de réservoir du virus dans d’autres espèces de mammifères que les chats. Cela signifie que le calicivirus ne peut qu’être transmis à un chat par un autre chat. L’homme ne peut être infecté.

Le virus est libéré dans l’environnement avec les écoulements nasals et oraux pendant l’infection et pendant un mois après la guérison. Le virus peut survivre jusqu’à un mois dans l’environnement extérieur.

La prévalence du virus dépend du nombre de chats présents dans le foyer, ou la chatterie. Les chats gardés par petits groupes ont peu de chance (environ 10%) d’être infectés, alors que cette proportion peut monter jusqu’à 40% ou plus pour les chats vivants dans de grandes colonies de chats ou dans des refuges.

Les chats porteurs permanents du calicivirus : une minorité de chats libère des virus pendant leur vie entière. Ces chats participent au maintien de la contamination de leurs lieux de vie et en particulier des chatteries ou autres collectivités de chats.

Développement de la maladie et symptômes

Le calicivirus pénètre dans l’organisme du chat par la bouche, le nez ou la conjonctive des yeux. Il se réplique dans l’oropharynx pendant 3 à 4 jours. De là, il peut rejoindre d’autres parties du corps telles que les poumons ou les articulations.

La grande variabilité du génome du virus conduit à des maladies de natures extrêmement différentes.

Maladie de la cavité buccale et des voies respiratoires supérieures

C’est la forme la plus fréquente de la maladie. Le virus réside dans la cavité buccale ou se développe dans les voies respiratoires. La maladie disparait en 2 à 3 semaines.

Souvent la maladie est subclinique : il n’y a pas de symptôme.

Dans de nombreux autres cas, des vésicules se développent au bord de la langue. Elles évoluent en ulcères. C’est un signe caractéristique de l’infection. Il est associé à des écoulements nasals et buccaux.

La maladie peut se révéler plus sévère chez les chatons, avec de la fièvre, un manque d’appétit, une augmentation de la production de salive. Chez les plus jeunes, des lésions pulmonaires peuvent survenir et entrainer une pneumonie.

Boiterie

Le syndrome de boiterie survient après la manifestation orale et respiratoire de la maladie. Les chats infectés peuvent boiter pendant une période relativement courte.

Le virus provoque un épaississement de la membrane synoviale et une augmentation de la quantité de liquide synovial qui entraine la boiterie.

Forme virulente systémique de la maladie associée au calicivirus

Pour la même maladie, on peut aussi trouver le nom de syndrome de fièvre hémorragique.

Dans ce cas, le calicivirus atteint d’autres parties de l’organisme : le pancréas, la rate, le foie et certaines parties de la peau (les narines, les pavillons auriculaires, les coussinets des pattes…).

Cette forme de la maladie commence habituellement par des symptômes respiratoires sévères et progresse vers plusieurs manifestations possibles :

  • des ulcères sur les coussinets, le nez, les lèvres et autours des yeux
  • des œdèmes au niveau de la tête et des membres
  • une jaunisse
  • des troubles circulatoires et des microhémorragies
  • une détresse respiratoire

C’est une forme très sévère de l'infection qui conduit souvent à la mort.

Elle prend souvent la forme d’une épidémie foudroyante, suite à l’introduction d’un chat infecté dans une colonie (refuge, chatterie).

Les survivants guérissent rapidement.

Diagnostic

Un test sérologique positif n’est pas suffisant pour s'assurer que les symptômes sont bien causés par le calicivirus félin. C’est parce qu’il y a beaucoup de chats qui sont séropositifs pour le calicivirus mais qui ne manifestent aucun symptôme. Certains libèrent de grandes quantités de virus sans manifester aucun des signes de la maladie : ce sont les « porteurs sains » dont nous avons déjà discuté plus haut.

D’autre part, une sérologie négative ne prouve pas toujours que le calicivirus ne soit pas responsable des symptômes. Il y a tellement de variantes du virus que les tests peuvent ne pas reconnaitre certains anticorps.

Le plus souvent, le vétérinaire met en place deux tests successifs. S’il voit que le titre (la quantité) d’anticorps augmente fortement d’un test à l’autre et que les symptômes sont cohérents avec l’infection par le calicivirus, il en viendra à la conclusion que le calicivirus est probablement à l’origine de la maladie.

Traitement et prévention

Il n’existe pas de traitement antiviral qui se soit montré efficace contre le calicivirus.

Le traitement de soutien est le seul possible. En fonction de la gravité de la maladie, il peut inclure une réhydratation par perfusion, une alimentation appétante adaptée, des antibiotiques à large spectre (contre une surinfection bactérienne des poumons) et des anti-inflammatoires (contre la fièvre et la douleur).

La vaccination reste la meilleure arme contre le calicivirus. Mais concevoir un vaccin contre ce virus n’est pas chose facile. A cause de la forte variabilité des antigènes de ce virus, c’est un véritable défi de trouver les antigènes qui sont à la fois spécifiques et présents dans toutes les souches du virus.

Et, dans la pratique, on n’a pas encore réussi à mettre au point un tel vaccin. Aucun vaccin disponible aujourd’hui ne protège contre toutes les souches du calicivirus. Cela a des implications pratiques :

  • même les chats vaccinés peuvent être infectés par le calicivirus
  • les chats survivant à une infection par le calicivirus ne sont pas immunisés contre une nouvelle infection par une autre souche du calicivirus
  • étant donné que les vaccins aujourd’hui disponibles offrent un bon niveau d’efficacité sur les souches sur lesquelles ils sont conçus, il est recommandé, à chaque fois que c’est possible, d’alterner les types de vaccins d’un rappel vaccinal au suivant

Pour les chatons, la primo-vaccination doit commencer à 6-8 semaines d’âge, puis toutes les 2-4 semaines. Il y aura 2 à 3 rappels en fonction de l’âge auquel la primo-vaccination aura été administrée.

Les chats d’intérieur sont considérés comme des chats à faible risque. Ils seront vaccinés tous les 3 ans seulement. Les chats à haut risque sont ceux qui vivent dans des communautés. Ils doivent être vaccinés tous les ans. Il est conseillé d’alterner les vaccins.

Il est recommandé de vacciner son chat avant de l’introduire dans une chatterie.

Principales références

5

L’herpès virus félin (FHV)


L’herpès virus félin est l’agent de la rhinotrachéite virale féline.

L’herpès virus félin et le calicivirus félin sont souvent associés car ce sont les deux agents principaux des maladies respiratoires félines d’origine virale chez les chats, et aussi parce beaucoup de vaccins protègent à la fois contre ces deux pathogènes.

Les deux virus sont néanmoins très différents.

Au contraire du calicivirus, l’herpès virus est un virus à ADN. Il est très stable. Il y a très peu de variations génétiques d’une souche à l’autre.

La caractéristique remarquable de l’herpès virus est sa capacité à entrer en latence, et à en sortir dans certaines conditions.

Carte d'identité de l'herpès virus félin

Transmission

Le seul hôte pour l’herpès virus félin est le chat. Cela implique que seul un chat infecté peut transmettre le virus à un autre chat, si l’on excepte bien sûr les grands félins comme les lions, les pumas ou les guépards !

Les chats libèrent leurs virus par leurs écoulements nasals et oraux, soit lors de l’infection primitive ou lorsque le virus se réactive.

Le virus pénètre dans un nouvel hôte par les muqueuses de la conjonctive de l’œil, du nez, et/ou de la bouche. Il peut aussi être transmis par la chatte gestante in utero, mais il ne provoque pas d’avortement.

Après l’infection aigüe initiale, le virus entre en latence. Dans certaines circonstances, le virus dormant peut se réveiller et reprendre sa forme active, infectieuse qui déclenche les symptômes et la libération de nouveaux virus dans l’environnement du chat.

Cela se produit si le chat est stressé (changement de lieu de vie ou d’alimentation, voyage…), quand une chatte est gestante ou en lactation ou encore lorsque l’animal reçoit un traitement à base de glucocorticoïdes.

Ainsi un chat infecté ne peut jamais être guéri. Il peut toujours retourner dans des phases d’infection aigüe.

Développement de la maladie et symptômes

L’herpès virus félin se réplique dans les muqueuses des cavités orale et nasale, des parties supérieures du pharynx et de la conjonctive de l’œil.

Il peut par la suite coloniser les bronches et les bronchioles dans les poumons.

Il cause des lésions dans les tissus en détruisant les cellules des muqueuses.

La phase aigüe dure de 10 à 14 jours, alors que le chat reste contagieux pendant une semaine supplémentaire.

Puis, le virus entre en latence dans les ganglions trigéminés, les ganglions du système nerveux situés derrière les yeux et qui reçoivent la plupart des nerfs qui parcourent la tête. A cet endroit, le virus est pratiquement indétectable.

Il peut se réactiver dans certaines conditions (stress, lactation, traitement médical, immunodéficience provoqué par le virus de la leucémie féline (FeLV) ou celui de l’immunodéficience féline (FIV)- voir Chapitre 6 sur les vaccins non-essentiels du chat). Le chat peut manifester les signes cliniques ou non, mais de toute façon, il redeviendra contagieux.

Les symptômes respiratoires correspondent à une rhinite classique avec des éternuements et des écoulements nasals séreux. De la fièvre et un manque d’appétit sont les symptômes les plus sévères.

Le chat peut aussi souffrir de troubles oculaires. Ils sont caractéristiques de l’herpès virus félin.

Une kératite ulcéreuse en est le symptôme le plus fréquent. Elle consiste en une inflammation de la membrane externe de la cornée, la membrane transparente qui recouvre l’œil. La plupart du temps, elle s’accompagne d’une inflammation de la conjonctive (conjonctivite) où le virus se réplique activement.

Il y a de nombreuses autres complications :

  • une kératite stromale : un épaississement de la membrane la plus épaisse de la cornée
  • une kératoconjonctivite sèche : sécheresse de la conjonctive et de la cornée
  • une ophtalmie néonatale : conjonctivite qui affecte les jeunes chatons
  • un symblépharon : une adhérence entre la conjonctive de la paupière et celle du globe oculaire
  • un séquestre cornéen (n’existe que chez le chat) : formation d’une plaque opaque en avant de l’œil
  • une kératite éosinophilique : développement d’une plaque de couleur claire sur la cornée
  • une uvéite antérieure : inflammation de l’iris et/ou des corps ciliaires

Tandis que les manifestations respiratoires de la maladie se produisent principalement lors de la première phase de l'infection par l'herpès virus, les troubles oculaires se manifestent chez les chats plus âgés lorsque le virus se réveille. Les très jeunes chatons dont les yeux ne sont pas encore ouverts offrent un terrain favorable pour les infections oculaires.

En général, les plus jeunes animaux sont plus sensibles aux infections virales. C’est aussi le cas pour l’herpès virus. Les chatons sont plus sensibles à la maladie et les symptômes y sont plus sévères. Ils peuvent même conduire à la mort.

Diagnostic

Les symptômes respiratoires ne sont pas différents de ceux causés par les autres pathogènes : le calicivirus ou les bactéries respiratoires.

Les troubles oculaires associés suggèrent la présence de l’herpès virus. Cela doit être confirmé par des examens de laboratoire. La méthode de choix est le test d’amplification génétique PCR (Polymerase Chain Reaction en anglais) qui détecte la présence de l’ADN du virus dans un échantillon prélevé sur les muqueuses orales du chat.

Malheureusement, un résultat positif n’indique pas nécessairement que les symptômes sont causés par l’herpès virus: de nombreux chats sont des porteurs sains qui produisent des virus de façon intermittente. La présence du virus peut n’être que fortuite et ne pas être la cause des symptômes

Le test ne fait pas la différence entre les anticorps résultants des souches sauvages du virus et ceux qui sont produits par un vaccin.

Traitement

Des molécules antivirales (cidofovir, famciclovir, l’interféron humain) ont montré un certain niveau d’efficacité sur la forme oculaire de l’infection. Elles peuvent être administrées conjointement avec des bolus de l-lysine.

Les traitements de soutien sont fonction de la sévérité et de la nature des symptômes. Il s’agit :

  • de nettoyer les écoulements oculaires avec des gouttes ophtalmiques et/ou une solution physiologique
  • de médicaments anti-congestifs
  • d'antibiotiques contre les surinfections bactériennes
  • d'un régime alimentaire appétant ; il est important que le chat infecté puisse manger normalement
  • d'une perfusion pour les cas les plus sévères

Prévention

Tous les chats doivent être vaccinés contre l’herpès virus félin parce que le virus est très contagieux, et peut provoquer une maladie grave en particulier chez les chatons et les chats âgés. En outre, le virus ne peut être éliminé une fois qu’il est entré en latence.

Les vaccins contre l’herpès virus sont souvent associés avec les vaccins contre le calicivirus. Ils sont faits à partir de virus atténués (vivants) ou de virus inactivés (tués), et sont dans la plupart des cas injectables. Quelques préparations intranasales sont disponibles.

L’immunité conférée par le vaccin n’est pas très forte. En conséquence, les chats à haut risque d’infection devraient recevoir un rappel annuel. Les chats vivant seuls dans un foyer peuvent n’être vacciné que tous les 3 ans.

Principales références

6

La rage chez le chat


Pour de nombreuses raisons, la rage tient une place à part dans les maladies infectieuses des animaux domestiques.

Le virus de la rage est invariablement mortel pour toutes les espèces de mammifères, y compris l’Homme.

Le virus de la rage peut se transmettre directement d’un chat (ou d’un chien) à l’Homme.

Le vaccin contre le virus de la rage est une étape clé de l’histoire de la vaccination, puisque c’est le premier vaccin utilisable chez les animaux (Pasteur 1885).

En outre, la vaccination des chats (et des chiens) contre la rage est la seule qui fasse l’objet d’une obligation légale dans de très nombreux pays.

Carte d'identité du virus de la rage chez le chat

Transmission

Le virus de la rage est présent en grandes quantités dans la salive des animaux infectés. Il est transmis à un nouvel hôte à travers la plaie causée par une morsure.

En théorie, la rage peut affecter n’importe quel animal à sang chaud tel que les mammifères ou les oiseaux. Dans la vie réelle, les animaux infectants sont le plus souvent des mammifères carnivores. Ils ont des dents spécialement conçues pour pénétrer la chair (les oiseaux n’ont pas de dents).

Le virus ne peut pas traverser une peau intacte.

Alors que le virus affecte le système nerveux central, il change le comportement des animaux infectés. Ils deviennent plus agressifs et n’ont plus peur d’attaquer des animaux plus gros.

La grande majorité des chats et des chiens vivant dans les pays développés sont vaccinés contre la rage. Cela devrait aider à éradiquer complètement la maladie. C’est le cas dans certains pays de l’Europe de l’Ouest comme le Royaume-Uni ou la France. Malheureusement, dans certains autres pays comme les Etats-Unis, une faune sauvage abondante vivant à proximité des humains (chauve-souris, coyotes, renards, furets, marmottes…) sert de réservoir au virus.

Progression de l’infection

La première étape de l’infection prend place dans les tissus musculaires proches du site de la blessure. A cet endroit, le virus se réplique et croit en nombre pendant une période de 1 à 3 mois.

La deuxième étape consiste en la migration du virus vers le cerveau. Le virus ne passe pas par la circulation sanguine. Il choisit plutôt de passer par les nerfs : le long des nerfs périphériques, des ganglions rachidiens, de la moelle épinière pour finalement rejoindre le cerveau. En procédant ainsi, le virus n’a pas à se confronter aux nombreuses sentinelles du système immunitaire de son hôte.

Si la blessure à l’origine de l’infection est proche de la tête, le virus prendra moins de temps pour arriver au cerveau.

Dans le cerveau, le virus de la rage provoque une inflammation (encéphalite). Il se réplique et se dissémine dans tous l’organisme.

Très rapidement, le virus de la rage atteint les glandes salivaires. Il se concentre en grand nombre dans la salive, prêt à infecter un nouvel animal.

Notez qu’un chat devient contagieux quelques jours avant de manifester les signes de la maladie.

Symptômes

Les symptômes apparaissent longtemps après que le chat a été mordu. En fonction de la forme que prend la maladie, ils peuvent évoluer en 2 ou bien en 3 étapes :

La première phase : des symptômes bénins, non spécifiques. Ce sont une anorexie, de la fièvre, des vomissements et de la diarrhée. Le propriétaire peut aussi noter déjà quelques changements de comportement. Le chat peut devenir plus amical ou, au contraire, plus irritable, plus excité.

Cette phase ne dure pas longtemps. Deux jours au maximum.

La deuxième phase est caractéristique de la forme furieuse de la maladie. L’agressivité est exacerbée. Le chat menace et attaque en toute occasion les autres animaux, les humains et même des objets inanimés. Ce comportement est absent dans la forme paralytique de la maladie. Dans ce dernier cas, le chat passe directement à la phase paralytique.

La troisième phase est la phase paralytique et finale de la maladie. La paralysie progresse en partant de la gorge et des muscles masséter à travers tout l’organisme jusqu’aux membres et provoque le décès du chat. Pendant cette phase, le chat est toujours contagieux même s’il n’est plus agressif. Il peut toujours mordre ou laisser une salive infectée sur une blessure ouverte.

Traitement et prévention

Il n’y a pas de traitement recommandé pour les chats enragés.

La seule protection pour les chats est une vaccination préventive. Les vaccins contre la rage sont très efficaces.

La primo-vaccination consiste en une simple injection à partir de l’âge de 12 semaines. Le programme de revaccination doit observer la législation locale. C’est le plus souvent tous les 1 ou 3 ans.

Si un chat non vacciné est suspecté d’avoir la rage parce qu’il a été mordu par un animal enragé ou inconnu, il devrait être euthanasié ou placé sous une quarantaine stricte pendant 6 mois, puis vacciné contre la rage.

Quand un humain est mordu par un animal, il faut supposer que cet animal est enragé. La personne sera alors vaccinée et traitée par des anticorps antirabiques (immunoglobulines), suivant les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Main reference